Défis RE2020 : Le bois, levier pour une construction décarbonée

Face aux défis environnementaux et aux exigences des seuils RE2020, un matériau biosourcé tel que le bois est incontournable pour réduire l’empreinte carbone des bâtiments. Lorsque ce bois est local, il ajoute un avantage supplémentaire en favorisant les circuits courts et en soutenant une économie durable, faisant du bois local une solution d’avenir pour les constructions de demain.


Qu’est-ce que la RE2020 ?

La RE2020, première réglementation énergétique et environnementale, est en vigueur depuis le 1er janvier 2022. Elle a progressivement remplacé la RT2012 et s’impose désormais comme un cadre bien établi dans la construction neuve.

Contrairement aux anciens labels environnementaux facultatifs, la RE2020 fixe des seuils stricts et obligatoires pour limiter l’empreinte carbone des bâtiments, notamment à travers 6 exigences qui concernent l’énergie, le carbone et le confort d’été. Parmi les exigences d’impact carbone, le seuil Ic construction fixe des plafonds progressifs pour les émissions de CO₂ liées aux matériaux et aux processus de construction. L’Ic construction est calculé en réalisant l’Analyse de Cycle de Vie du bâtiment (ACV), à partir des données environnementales fournies par les FDES des composants du bâtiment.

Les 6 exigences de la RE2020 concernant l’énergie, le carbone et le confort d’été

Depuis le 1er mai 2026, le champ d’application de la RE2020 a été élargi. Initialement centrée sur les logements individuels et collectifs, les bureaux ainsi que les établissements scolaires du primaire et du secondaire, la réglementation concerne désormais dix nouvelles catégories de bâtiments neufs. Parmi elles figurent notamment les aérogares, les équipements sportifs, les structures d’accueil de la petite enfance, les bâtiments industriels et artisanaux, ainsi que les commerces, hôtels et restaurants.

L’évolution des seuils de l’IC Construction de la RE2020 jusqu’en 2031
Evolution seuils RE2020 depuis mai 2026 ic construction batiment Piveteaubois

À l’horizon 2031, les seuils de l’indicateur Ic construction vont diminuer de manière importante, avec des réductions comprises entre -22 % et -35 % par rapport aux valeurs de 2025 selon les typologies de bâtiments. Ces évolutions incitent ainsi les professionnels à innover dès aujourd’hui en développant des modes constructifs plus sobres, où le bois jouera un rôle central dans la transition vers une construction bas carbone.


Pourquoi le bois est-il un levier clé pour décarboner la construction ?

Le bois est un matériau biosourcé qui stocke durablement le carbone présent dans l’atmosphère lors de sa croissance grâce à la photosynthèse.

La photosynthèse est le processus par lequel les arbres grandissent, en utilisant la lumière du soleil, l’eau et le CO₂ présent dans l’atmosphère pour produire du glucose, leur nourriture, tout en stockant le carbone dans leur biomasse et en libérant de l’oxygène.

Le carbone stocké lors de la croissance des arbres le reste durablement même une fois coupé pendant toute la vie du bâtiment pour les produits de structure ou de l’ouvrage pour les produits d’aménagement extérieur. Ainsi, 1m3 de bois sur pied emmagasine l’équivalent d’1 tonne de CO₂  !

Schéma de la photosynthèse La forêt stocke du carbone CO₂

Pour atteindre les seuils l’Ic Construction, l’augmentation de la part du bois dans la construction est donc un levier majeur.


Qu’est-ce qu’une FDES ? 

Une fiche FDES est une Fiche de Déclaration Environnementale et Sanitaire.
C’est un document normalisé qui synthétise l’impact environnemental et sanitaire d’un produit de construction.

Les FDES servent à analyser les impacts sur l’environnement et la santé, tout en aidant à choisir entre différentes options constructives. Elles sont particulièrement exploitées dans le cadre de la RE2020 pour l’ACV des bâtiments, afin de déterminer l’Ic construction, qui correspond à l’indice carbone de la construction.

Toutes les FDES sont accessibles via la base de données nationale unique inies.fr

Il existe 3 types de FDES :
FDES individuelle : produite par un fabricant pour un produit.
FDES collective : produite par les organismes de chaque filière pour une famille de produit (exemple : bardage en bois français)
DED : Donnée Environnementale par Défaut, utilisée lorsqu’il n’existe pas de FDES pour le produit étudié. Elles sont générées par le Ministère de la transition écologique.


Quels indicateurs environnementaux regarder dans les FDES ?

La transition entre les FDES au format A1 vers le format A2

Depuis le 1er janvier 2026, les FDES établies selon la norme EN 15804+A1 sont obsolètes. Désormais, seules les FDES conformes à la norme EN 15804+A2 peuvent être utilisées dans le cadre des calculs d’Analyse du Cycle de Vie (ACV).

Cette évolution méthodologique permet désormais de mieux valoriser l’ensemble du cycle de vie des produits bois grâce à une approche plus complète et plus représentative des impacts environnementaux. Les nouvelles exigences introduites par la norme EN 15804+A2 renforcent ainsi la transparence et la précision des calculs ACV, en intégrant des paramètres auparavant peu pris en compte :

  • La norme EN 15804+A2 intègre désormais l’entièreté du relargage du carbone biogénique stocké dans le bois en fin de vie, à travers des scénarios de fin de vie modifié.
  • La méthode d’évaluation des impacts climatiques devient également plus exhaustive et plus fine, offrant une vision plus réaliste des performances environnementales des matériaux sur l’ensemble de leur cycle de vie.

Malgré cette évolution des méthodes de calcul, le bois conserve des atouts majeurs pour répondre aux enjeux de décarbonations grâce à son caractère biosourcé, renouvelable et à sa capacité unique de stockage du carbone.

Le carbone biogénique stocké : pour les labels des bâtiments

Que représente le carbone biogénique stocké ?

Cet indicateur fait référence au carbone capturé et stocké par les matériaux biosourcés, comme le bois, au cours de leur croissance. Il est exprimé en kilogrammes de Carbone ou de CO₂ par unité fonctionnelle (kg C / UF ou kg CO2 / UF). UF peut être m², m³, etc.

Où trouver cet indicateur ?

Il se trouve sur la base inies.fr en allant sur une FDES puis dans l’onglet Indicateurs > Stockage de carbone biogénique.

A quoi sert cet indicateur ?

En stockant du carbone dans des matériaux durables tels que des matériaux de construction, une partie des émissions générées par la fabrication et le transport d’autres matériaux non-biosourcés est compensée. L’indicateur de carbone biogénique stocké est essentiel pour répondre aux exigences des labels et à la demande croissante de bâtiments bas carbone. Il répond aux attentes de nombreux acteurs du secteur de la construction qui cherchent à prouver et quantifier l’aspect écologique de leurs projets et à promouvoir des matériaux locaux et respectueux de l’environnement.

L’indice de réchauffement climatique (ou indice de changement climatique) : pour le calcul d’Ic construction de la RE2020

Cet indicateur mesure l’impact carbone des matériaux et se trouve dans les FDES sous forme statique. Il est exprimé en kilogrammes équivalents de CO₂ par unité fonctionnelle (kg eq. CO₂ / UF).

Il est nommé « réchauffement climatique » dans les FDES réalisées à partir de la norme EN 15804 +A1 et « changement climatique » dans les FDES réalisées à partir de la nouvelle version de la norme +A2. Il se trouve sur la base inies.fr en allant sur une FDES puis dans l’onglet Indicateurs > Impacts environnementaux, l’indicateur à regarder est celui du « Total cycle de vie ».

Dans le cadre de la réglementation environnementale RE2020, lors de l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) du bâtiment, les logiciels de calcul convertissent automatiquement ces données statiques en données dynamiques. Cette conversion est cruciale car elle reflète plus fidèlement l’impact réel des matériaux biosourcés.

L’ACV dynamique attribue un poids plus important aux émissions de gaz à effet de serre produites en début de vie d’un bâtiment, car elles restent plus longtemps dans l’atmosphère. Cette méthode reflète l’urgence de réduire les émissions actuelles pour lutter contre le changement climatique. Elle prend aussi en compte les incertitudes liées aux scénarios de fin de vie des matériaux et la dégradation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Conversion de l’impact carbone statique vers l’impact carbone dynamique lors de l’ACV RE2020

Matériaux biosourcés = impact carbone négatif !

Contrairement à d’autres matériaux de construction, les matériaux biosourcés tels que le bois, stockent durablement le carbone tout au long de la vie du produit. En conséquence, les données dynamiques deviennent négatives pour les matériaux biosourcés, signifiant que ces produits séquestrent davantage de carbone qu’ils n’en émettent, contribuant ainsi activement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre sur toute la durée de vie du bâtiment.


Impacts environnementaux chiffrés

Comparaison de l’impact carbone des matériaux : exemple des parements extérieurs

Choisir un revêtement en bois plutôt qu’un autre matériau permet de réduire considérablement l’impact carbone et d’obtenir un impact carbone négatif mettant en évidence que le bois est un matériau décarboné et décarbonant et en fait un choix nettement plus favorable que d’autres matériaux pour l’environnement.

Dans le cadre des exigences de la RE2020, le graphique met en évidence des écarts significatifs d’impacts carbone entre les différentes solutions de parement, selon une approche statique et, encore plus clairement, dynamique du cycle de vie.

Dans ce contexte, le bardage bois se distingue très positivement. En analyse dynamique conforme aux principes de la RE2020, il est le seul matériau à présenter un impact climatique négatif (-8 kg CO₂ eq/m²). Cette performance s’explique par sa capacité à stocker durablement du carbone biogénique tout au long de son cycle de vie, contribuant ainsi à réduire l’empreinte carbone globale du bâtiment. Il s’agit d’un résultat particulièrement remarquable dans le cadre des objectifs de décarbonation du secteur de la construction.

À l’inverse, les autres solutions de parement conservent toutes un impact carbone, y compris en approche dynamique. Le bardage métallique, la terre cuite et les revêtements enduits présentent des valeurs intermédiaires, généralement comprises entre 14 et 22 kg CO₂ eq/m². Les solutions à base de panneau stratifié et le bambou affichent quant à elles des impacts plus élevés en approche statique, restant supérieurs aux autres catégories en dynamique.

Ainsi, au regard des enjeux portés par la RE2020, le bois s’impose comme une solution de référence pour les parements extérieurs. Au-delà de la réduction de l’empreinte carbone, il offre la possibilité d’aller jusqu’à une contribution climatique négative, en cohérence avec les objectifs de neutralité carbone du secteur du bâtiment.

Comparaison indices de réchauffement climatique des solutions de parement

Solution en bois de France

Ce graphique compare les impacts liés au changement climatique, en approche statique et dynamique RE2020, pour différentes solutions de parement biosourcées.

Les solutions biosourcées comme le bambou présentent des impacts carbones les plus élevés. L’éloignement géographique de la ressource, le recours à des colles ainsi que la masse importante des produits pénalisent fortement leur bilan environnemental.

Le bardage bois thermo chauffé propose des résultats intéressants, bien que sa performance soit atténuée par la consommation énergétique très importante nécessaire au procédé de traitement thermique.
Les solutions de bardage bois présentent les performances environnementales les plus favorables, en particulier le bardage bois français, affiche les meilleurs résultats dans une logique d’optimisation RE2020 permettant de réduire de 66% les impacts carbones en statique par rapport à un bois international. Cette performance s’explique notamment par la capacité du bois à stocker du carbone biogénique, mais également par l’impact déterminant de la provenance de la ressource. Plus le bois est local, plus les émissions liées au transport sont limitées, améliorant ainsi le bilan carbone global.


Ainsi, au regard des enjeux de la RE2020, le bardage bois français apparaît comme la solution la plus pertinente pour réduire l’empreinte carbone des bâtiments, grâce à une ressource à la fois biosourcée, stockant du carbone et locale.

Focus sur les bardages PIVETEAUBOIS

Face aux évolutions de la réglementation carbone et dans une volonté de transparence environnementale, PIVETEAUBOIS a développé ses propres FDES individuelles afin de permettre aux acteurs de la construction d’optimiser plus précisément leurs ACV dans le cadre de la RE2020.


Au-delà de cet enjeu réglementaire, cette démarche s’inscrit également dans une logique d’écoconception. La réalisation de nos FDES nous a permis d’identifier précisément les postes les plus impactant de notre empreinte carbone, mais aussi de valoriser les performances environnementales de nos solutions.

Le graphique ci-dessus présente les résultats liés au changement climatique selon les approches statique et dynamique. Ces données reposent directement l’ensemble du cycle de vie de nos produits allant de l’approvisionnement à la fin de vie. Concernant les revêtements extérieurs, quatre FDES couvrant l’ensemble de notre gamme de bardages en douglas ont ainsi été développées.


L’ensemble de ce travail permet aujourd’hui de positionner les FDES individuelles PIVETEAUBOIS parmi les plus performantes du marché pour les solutions de bardage bois.


Ces FDES sont disponibles sur la base INIES ainsi qu’au sein du Guide FDES PIVETEAUBOIS.

Focus sur le CLT

Le CLT Hexapli de Piveteaubois affiche l’impact carbone le plus bas du marché, principalement en raison de l’utilisation du Pin, un bois à forte densité qui augmente la capacité de stockage du carbone. Sa fabrication en France à partir de bois locaux issus de forêts françaises permet également de justifier son impact carbone exceptionnel.

Ic dynamique le plus bas du marché sur le CLT Hexapli de Piveteaubois

Tous les résultats sont à retrouver sur sa FDES (Fiche de Déclaration Environnementale et Sanitaire) disponible sur inies.fr et sur notre guide FDES.

Focus sur le lamellé-collé

La mise en place des FDES pour les produits de structure tels que le BLC (bois lamellé-collé), le BMR (bois massif reconstitué ou contrecollé), le BMA (bois massif abouté) ainsi que les bois massifs rabotés permet de disposer de données environnementales fiables et normalisées sur l’ensemble du cycle de vie des produits. Ces FDES répondent aux exigences de la RE2020 et participent à l’évaluation de l’empreinte carbone des bâtiments.

Afin de simplifier leur utilisation et de limiter le nombre de FDES nécessaires, un choix de regroupement a été réalisé : les produits BLC et BMR sont réunis au sein d’une même FDES, tandis que les BMA et les bois massifs rabotés font également l’objet d’une FDES commune. Par ailleurs, l’utilisation de bois français permet de réduire significativement les impacts carbones, avec une diminution d’environ 54 % pour les BLC et BMR, et de 22 % pour les BMA et bois massifs rabotés, par rapport aux FDES individuelles disponibles sur INIES.

Comparaison des indices de réchauffement climatique des bois lamellés-collés d’après les FDES sur Inies


Comment sélectionner la FDES appropriée ?

Pour une même typologie de produit, plusieurs FDES sont applicables. L’optimisation du choix des produits de construction et de leurs données environnementales peut être décisive dans l’atteinte de la performance de l’Ic construction. En règle générale, privilégier les FDES individuelles qui sont plus proche de la réalité et donc ont des résultats inférieurs.

Nous vous aidons à retrouver nos FDES sur la base gouvernementale inies.fr grâce au guide interactif PIVETEAUBOIS, disponible en cliquant ici.


BILAN : 4 CONSEILS pour décarboner la construction et atteindre les seuils d’Ic construction RE2020.

① . Utiliser dès que possible des matériaux biosourcés comme le bois et des systèmes constructifs biosourcés comme la solution bois-paille
② . Prioriser l’utilisation de bois français
③ . Comparer les solutions en regardant les indicateurs dynamiques
④ . Choisir la bonne FDES : s’appuyer sur le guide Piveteaubois